SUD RAID ADVENTURE BY TEAM BMR VAILLANTAS

Tout commence par un message Facebook de Matthieu pour rechercher des co-équipiers ! Bingo quelques jours plus tard, malgré une organisation complexe à peaufiner c’est un OUI unanime de la Team BMR. Quelques semaines plus tard, nous envoyons notre inscription, ça y est, la team BMR Vaillantas voit le jour pour une première sur un raid aventure !
– En capitaine d’équipe, le vétéran, père de famille, 34 ans, Matthieu du team Vaillantas.
– En orienteur vélo / IGN, Baptiste 25 ans, le Ricain de retour au pays.
– En orienteur IOF / trek, Max 24 ans, l’adolescent du sudraid, et enfin,
– Raph, le pompier pro, le désorganisé, mais aussi le bras droit de l’équipe.

18h lundi, un peu de stress… C’est la première, mais quand tu vois les copains Ligeraid arrivés avec des pizzas à 30min du départ tu te dis : “ok ça ne doit pas être si terrible que ça le raid”
19h, on nous donne les cartes. Je prends celle de trek et je donne celle de VTT à Baptiste. Raph soutient Bapt, et Matth’ se met avec moi pour tenir les cartes car ça souffle ! 

 Section 1 : ROLLER

On finit juste de tracer les cartes, les premiers partent, le départ est en haut d’une petite montée, ça bouchonne, première chute… Baptiste arrive là-haut et Patrice nous indique qu’on a loupé le départ 😅

Je parviens, avec l’aide de Raph, à franchir la ligne de départ et hop c’est parti !
Premier kilomètre accroché au sac de Raph, on n’est pas trop confiant car on est resté sur un beau strike devant les touristes anglais de Tain l’Hermitage, avec une belle galette à la clé !
Nous optons rapidement pour la technique enseignée par J-N lors des entraînements et ça porte ses fruits. On commence à doubler des équipes, je crampe, j’ai mal au dos, mais les copains sont tellement impressionnants, ils me poussent, me retiennent, m’encouragent, alors je sers les dents.
On passe le pont, la route s’élève, la même que pour le PACA où j’avais souffert avec mes rollers roses ! Je sors les bâtons, prends un peu confiance avec les copains qui me soutiennent et je réussis à moins subir cette fois ci.
Fin de section en courant, revêtement pas ouf et ça monte ! On arrive en 1h20 au premier AT, où le festival BMR commence :
B : y’a de l’eau ici ?
R : on pose quoi ici ?
M : les gars débrouillez-vous !
Et moi, putain j’ai oublié ma poche de bouffe pour le trek ! …
Bref, une transition de 15min, alors qu’on devait “juste” poser les rollers

Section 2 : Trek

Départ du trek, j’oriente sur l’IGN, je me concerte avec Bapt, et hop on fil à la balise 1 sans trop de soucis en admirant la magnifique lune sur les hauteurs.
Deuxième poste, je fais le choix de la sécurité, prendre le GR malgré le gros détour que cela impose… Pour redescendre du poste 1 on suit un sentier et je trouve que c’est un peu long. J’arrête Bapt pour me recaler et après quelques minutes je trouve ce qu’on a fait … Un beau 180* … influencé par le choix des équipes qui ont pris les crêtes… Allez, pas très grave, j’essaie de reprendre la courbe pour rejoindre le GR, mais on se retrouve au milieu des gros talwegs. Je commets l’erreur de faire descendre l’équipe dedans pour ne pas retourner sur nos pas… 30 minutes de perdues ! Merci max !
Heureusement, on retrouve sur le GR une équipe avec qui on discutera pas mal pour nous faire passer la pilule… Bonne attaque de poste on reprend des équipes qui tournaient depuis un moment.
Sortie de post impeccable vers le post 3, le fameux, je fais le choix de prendre la limite de commune, par chance, il y a un chemin ! Cool, on retrouve les Barakafrites, nos référents, j’me dis alors qu’on n’est pas si mal. Fin, c’était avant l’approche du post, après 45 min à essayer de me recaler, en partant de différents points d’appuis. Je ne comprends toujours rien à la carte et la nuit ne m’aide pas ! Baptiste vient à mon secours on essaye d’avancer à deux. Il tente une option qui nous ramène au-dessus du lac … Ça fait 1h30, la tête commence à chauffer. On se recale, ruisseaux, courbe, 1, 2 mais ce n’est toujours pas là … On est seul, donc on trouve ça bizarre, on avance, on aperçoit une lampe, puis deux, et on arrive dans une zone avec des gros talwegs. Ça semble correspondre. On monte sur le premier, on descend, puis sur le second, puis le troisième…Rien. On se pose. Nous sommes accompagnés de 5 ou 6 équipes, qui cherchent depuis longtemps. On se fait le retour en battu, toujours rien. Allez on réessaye…Rien. Ça commence à faire long, on crie désespérément : “Apéro pour l’équipe qui trouve” quelques rires c’est déjà ça… On finit par se dire “Putain mais y’a pas la balise ! ” Alors on se fait une pause pour se restaurer et refroidir le cerveau.

Concertation, on croise des équipes qui abandonnent, on s’interroge : “Les gars on fait quoi ? Ça doit faire 3h qu’on tourne… ” ; “Une dernière fois, on essaye et après on se casse”. On essaye, ça ne marche pas, toujours rien, on commence à partir, on est en haut du talweg mais une équipe nous dit : « on l’a eu ! Elle est en bas dans un trou » puis ils partent … Baptiste à la flemme de redescendre, Raph un peu aussi, Matth’ est un peu perdu, ça fait 3 balises, déjà deux erreurs d’orientations mais il ne désespère pas. Il est toujours chaud ! Moi un peu indécis, mais je me dis c’est con quand même, alors j’insiste un peu pour y retourner une dernière fois !
On descend pour la énième fois le talweg. Je tombe, glisse sur 15m, je déchire le short, ma main est en sang, mais pas grave, faut avancer ! On se met tous les quatre à hauteur et on avance en battu. Baptiste reste à un point fixe pour qu’on évite de se décaler.
On progresse et tout à tout coup j’entends « elle est looo ! » Alors je fonce vers cette voix, et je tombe sur la balise, ENFIN ! Ce cadeau est offert par nos amis belges, l’équipe 20 ! Apéro garanti.
La suite du trek, plus facile, Baptiste repend l’orientation, car j’ai laissé beaucoup de plumes sur cette balise 3, il nous fait un très gros post à post sur la balise 4, puis 5, nous faisons le choix de la via ferrata autonome, surprenant mais kiffant de se dire qu’on peut se lancer la dedans seul ! Moi prêt à surmonter ma peur du vide je ne me pose pas de question avec Raph qui m’assure. Je suis prêt à enchaîner la via et la descente !
On grimpe et tout à coup ! Un guide sorti de nulle part dis à Baptiste : « C’est fini, on ferme à cause de l’orage faut redescendre ! » Baptiste est tout là-haut, Matth’ un peu en dessous avec moi, et Raph commence juste. On est surpris mais c’est vrai que l’orage monte au-dessus de nous, c’est plus raisonnable de faire demi-tour… On attend Baptiste puis on fil à l’AT suivant pour purger nos 1h d’immobilisation.

Fin du trek…

Section 3 : VTT

On sort les VTT, une transition une nouvelle fois labellisée TeamBMR.
On part mon étrier de frein n’est pas centré, ça frotte sur le disque, je prends 5min pour recentrer tout ça et cette fois-ci, c’est parti pour de vrai avec l’équipe My Pie
De magnifiques singles, en descente pour commencer, les sourires reviennent après ce trek monstrueux.
Balise 1, on s’arrête pour une pause pizza, quiche, coca, sous la pluie, séance tartinage de nok sur la terrasse du bar… J’espère qu’on a choqué personne 😅
On repart sous la pluie, tout plaisir ! Mon Bapt, en grande forme. Il oriente bien, pas d’erreurs, même si le Matth’ n’est pas full confiant quand il aperçoit le single bien engagé que nous devons prendre 😅
On avance, la nuit aussi, les yeux se ferment nous avançons droit vers notre deuxième nuit dehors, pour ne pas dire vers l’inconnu…
J’ai plutôt des bonnes jambes, mais j’ai sommeil et je commence à lutter contre. Les copains me motivent un peu, Matth’ m’encourage et me tracte pour m’aider à avancer dans le rythme de l’équipe… C’est top ! Nous profitons d’un arrêt dans un village pour dormir dans une cabane pour déposer des livres, qui a l’air très chaleureuse, mais le petit somm’ sur la dalle en béton n’a pas ravie tout le monde. Froid, humide, pas très réparateur… Nous repartons doucement avec une transition labellisée BMR.. C’est long, très long… Comme cette fin de VTT où tu vois le lac mais tu n’y arrives jamais !

Section 4 : Canoë

On arrive sur l’AT avant le canoë soulagé ! C’était notre objectif d’arrivée ici en full course, malgré la frayeur de la balise 3, c’est fait ! Pour fêter ça, petite transition labelisée BMR, discussions, photos, sieste de 15min en plein soleil, hyophi, le régale 😅
Je choppe Baptiste pour établir la stratégie, on est tous d’accord que c’est impossible de faire tout le canoë mais en même temps. On a envie de changement, et de faire un peu toutes les activités. La stratégie est faite, on regarde les pénalités, la distance à parcourir, et on décide d’aller chercher une balise, et d’enchaîner sur la CO.

Section 5 : CO

Une des transitions les plus rapide, quoique… On part sur cette belle CO IOF, enfin, je comprends tout, je suis confiant, je dois me rattraper de ce trek. Je rentre dans ma bulle, les gars font les cons derrière, montée sur les mains, shooting photos, le moral est là c’est cool ! Je tombe sur les balises une par une, ça fait plaisir tous les éléments sont sur la carte, L’IOF que c’est bien ! On laisse deux balises en haut par flemme et on prend le reste avant d’enchaîner sur le swim and run.

Section 6 : SWIM-RUN

Cette section qui nous coûtera très cher par manque d’expérience, et en même temps, nos choix nous permettent peut-être de finir le raid… On pensait faire le swim and run sans sac, donc on n’avait rien prévu d’étanche pour nos affaires… Déjà, qu’on se savait pas grand nageur… alors nager plus d’un kilomètre sans combi avec 7kgs qui t’envoies au fond de l’eau.. on connaît nos capacités et on a jugé que c’était vraiment pas dans nos cordes. De plus, nous avons l’info, avant de partir que l’équipe de tête abandonne sur cette section… J’avoue on a flippé, mais on est embêté car Raph’ c’est engagé sur le raid que pour faire ce swim and run à serre pon… On cherche une solution sécur pour qu’il le fasse quand même. On prend tous les sacs et on fait le bord de côte. On l’aperçoit à vue, il est phéno’ et prend plaisir, c’est cool. Il enchaîne la suite nous aussi, c’est long …
On termine sous une pluie torrentielle, tout le monde arrive, blanc, les dents qui claquent, la place dans les camions et sous la tente se fait rare. Le label BMR frappe encore, une transition de 40 minutes, dans le flou complet, j’essaye de me projeter dans la carte du trek suivant mais putain ça ne donne pas envie !
Une IGN, puis un truc zoomé au 3500 c’est flippant… Cerise sur le gâteau ? Du départ, on aperçoit les aiguilles de Chabrières sous l’orage, dans un nuage noir. Que fait-on ?
On se refait un trek de 20h ? On coupe ? Personne n’est d’accord, la décision finale me reviens faut trancher !
Je me questionne, je prends en compte toutes les options, même l’option crête après les aiguilles qui est interdite à cause des patoux qu’ont loupé le loup la semaine d’avant, donc ils ont un peu le seum et certainement la dalle !
Je me pause dans l’herbe, pendant que les gars font une petite sieste, j’étudie toutes les options avec les pénalités ect..
1) On rentre par le GR,
2) On monte et GR,
3) On fait tout ?
La 36 implique 7h de pénalité. Il nous l’a faut absolument, donc je dis aux gars qu’on est obligés de monter. Bapt est d’accord avec moi, c’est cool.
Et après, que fait-on ? Bah tu regardes les mecs, tu te rappelles du premier trek, tu mattes les courbes, les balises, et tu te dis qu’on est capable de tourner 3h sur un poste et louper la barrière horaire. Alors, après 10min de réflexion, je fais mon choix que j’expose à l’équipe en justifiant les différentes options : ils sont ok, c’est parti !

Section 7 : TREK

Il est 17h, on a 1200 à faire, les jambes sont un peu lourdes, mais on discute et on avance bien ! On fait une pause boisson chez l’habitant au village et en repartant on tombe sur Julien Rannou, le mec qui se tirait la bourre, sur le raid des princes noirs, contre tonton et tata (les rescapés) alors que j’avais 13/14ans. A ce moment-là t’es fier en te disant : “putain y’a 10 ans je disais à mon grand-père, en voyant la cérémonie d’ouverture du raid des princes noires, je veux faire comme eux” !Et là tu es en train de le faire, c’est trop bon !
Les souvenirs reviennent et forcément j’ai envie de faire un bout de chemin avec cette équipe qui monte à bon rythme, et je sais que si on les accroche un peu, on peut arriver là-haut avant la nuit pour entamer la carte 3500 IGN 😅
Alors on s’encourage, on discute. Baptiste me donne des cours sur l’IGN, c’est bien sympa. On aperçoit Julien, tracté par “Monsieur 4kgs” (dont 300g pour le paquet de tabac), rencontré au départ, on est sur le cul par tant de décontraction chez un mec avec un tel niveau. Solide le type (si tu lis ces lignes tu es officiellement l’idole des BMRs, t’es un génie !). On se dit alors que les jambes ne sont pas si mal, on reste en course pour arriver avant la nuit !
On entame l’arête, le vent se lève, on se retourne et une équipe nous rattrape alors qu’on avance pas mal… bien-sûr, les militaires ! Quand ils nous doublent, on essaye de s’accrocher mais ça va vite ! Ils font une petite pause au col, alors on aborde la montée aux aiguilles avec eux, forcément on profite de ce moment un peu plus lent pour entamer la conversation avec la championne de l’équipe. C’est bien sympa de côtoyer de tels athlètes. Arrivée en haut, je donne lâchement la carte 3500 à Baptiste et je surveille de loin avec le 25000, faut dire que la balise 3 du trek raisonne encore dans ma tête… Il se sent bien alors je lui fais confiance, en plus il fonce sur la première balise sans difficulté, c’est parfait, la stratégie fonctionne on vient de gratter 7h pour 2h d’efforts. Il enchaîne alors avec les 3 ou 4 équipes qui nous accompagnent sur la balise 2… mais ça ne se passe pas pareil… Une première attaque, une seconde, une troisième, on commence à jardiner fort et je l’aperçois quelques minutes plus tard s’assoir au sommet d’un caillou dominant la zone, je l’interroge :
– “bah tu fou quoi ?”
– “Je regarde les étoiles c’est magnifique»
– “oh putain, mais ce n’est pas l’heure et pas le moment mec, vient on rattaque de la balise 36”
– “mais mec assis toi regarde les étoiles” me répond-il !
Je comprends qu’il est comme moi atteint du syndrome de la balise 3 : la tournette !
A ce moment-là, je me concerte avec moi-même : « allez là on peut compter sur personne, faut se bouger, sinon on va encore tourner pendant 3h ».
Je lui demande la carte, je sors ma boussole, je prends un grand bol d’air et je bois un coup !
Hop, je file à la balise 36 accompagné de Raph, Matth’ et Bapt nous suivent.
Je prends mon azimut, la distance et j’avance, je vois que la balise est sur un coude d’une grosse courbe de niveau alors je me dis que sur le terrain ça doit être bien matérialisé et qu’il ne faut pas s’arrêter trop tôt ! Alors j’avance et je croise “Monsieur 4kgs” qui était descendu bien bas mais qui me donne des bonnes infos. On arrive dans un gros dénivelé et je remarque un coude au bout j’y fonce, on est que tous les deux, les autres équipes sont restées plus haut, j’avance et en levant les yeux je la vois ! ENFIN !
Tu ne peux pas savoir le plaisir que ça fait quand tu tournes depuis 2h autour d’une balise et que tu la trouves ! Alors forcément, je fais le choix de gueuler pour prévenir les autres équipes de la position de la balise :”elle est là !” “Par contre c’est apéro pour les BMRs les gars !”c’est la moindre des choses… (on attend toujours nos bières 😅) Les gars arrivent, on enchaine sur la balise 3, qui me semble simple sur la carte, je fais ma visée, mais après quelques mètres la boussole m’envoie à 180 je comprends rien je laisse tomber la boussole j’avance avec les reliefs, et ça fonctionne, je tombe sur les deux grosses falaises, j’avance dedans, et hop je tombe sur la balise directement, trop content encore une fois, mission réussite, sur cette section, il nous reste plus qu’à rejoindre l’AT par l’interminable GR …
Sortie de post difficile on croise le team MY Pie, on leur demande de nous recaler pour être sûr d’où nous sommes mais ils n’en savent pas plus, alors on se concentre avec Bapt et finalement on trouve où on est…le passage IGN → 3500 →IGN nous a perturbé. Finalement nous recalons My Pie et pris d’enthousiasme je balance notre stratégie qu’ils n’avaient pas analysée visiblement et ils font le choix de faire la même chose que nous.
Du coup c’est avec plaisir que nous engageons la conversation avec eux pour entamer la descente vers le GR, ils nous doublent, puis décident de faire une sieste collée serré en plein milieu du sentier, pas con l’idée, ça a vachement plus à Raph, qui quelques heures plus tard, nous propose de faire la même.. Bon j’avoue je n’étais pas trop chaud, Matth’ non plus et Baptiste encore moins… Sieste faite, malgré quelques déboires. On termine ce GR fatigué.. Mais je pense toujours que c’était le bon choix pour nous !
Finalement, une arrivée à l’AT pleine de surprise, car Nath pom’s nous y attends, on est un peu dans le gaz mais son sourire, sa bonne humeur et ses encouragements nous vont droit au cœur !
On s’endort au chaud sur nos deux oreilles, car on fait le choix de ne pas partir sur la section 8 (CO) et la section 9 (roller), la barrière horaire est loin derrière !

Section 10 : VTT

VTT, on programme la journée dessus. Bapt reprend les commandes, moi j’ai mal au cul, du dernier VTT donc je baisse la tête, je dis rien et j’avance, jusqu’à ce col de l’enfer made in tour de France. Je tourne les jambes mais pas aussi fort que les copains. Je commence à faire le yoyo, alors Matth’ sort la laisse et commence un travail à la Gaudu sur le Tourmalet mais derrière c’est moi, pas Thibaut … Je regarde son pneu je mouline comme un porc pour essayer de le soulager au max. ça tient, les kms défilent, il est juste monstrueux ! A deux kms du sommet on s’arrête pour attendre les copains qu’on avait un peu oublié, le label BMR tombe. Ça sort les muffins, les tucs, ça se pose, pris dans la dynamique je dis au copain que je prends de l’avance, les deux derniers kms sont chaud ! Alors j’y vais, je roule, et ça ne répond pas trop mal, je m’encourage tout seul “allez mon grand” avec l’image de Marc que l’on à tous et je répète ça dans ma tête sans arrêt et j’avance pour ne pas être encore le boulet des copains ! Je pense à ce moment à belle maman et à son combat contre parkinson aux gens qui me soutiennent et les jambes se mettent à tourner seul j’oublie la douleur et j’arrive au sommet grimaçant. Les parents de Baptiste sont là, ils nous attendent au sommet, photos, encouragements, la Team est présente, alors on se permet une “petite” bouffe au sommet, profiteroles chocolat chantilly pour les uns, glaces et crêpes pour les autres, coca, une vraie diète de champions !

 Dans la descente pour la spéléo Bapt m’avouera qu’il regrette un peu cette collation 😅
Quelques kms plus tard je crève, je fais le changement rapidement mais au moment de regonfler, la pompe ne fonctionne pas ! Allez, c’est parti pour courir à côté du vélo jusqu’au prochain village. Heureusement, on trouve assez rapidement une famille qui nous dépanne, c’est aussi ça le raid ! On fil vers la Spéléo et l’arrêt chrono, et qui dit transition dis label ! Raph n’a pas la bonne combi. Il en empreinte une à une autre équipe, merci à eux ! Sur le retour il perd le carton mais l’équipe 50 heureusement nous le retrouve ! On part à l’heure, ouf ! On fil à bon rythme vers l’AT suivant. Et on commence à s’interroger sur la suite “après on fait tous les gars ?” “Non juste la petite boucle prévue” “ok” et les gars vous êtes sûr qu’il y a la caisse VTT à l’AT car j’ai mes chaussures de trek dedans, putain moi aussi
“Normalement oui” ok
On arrive sur l’AT on croise la bénévole et notre première question : ” il y a bien la caisse VTT ici ?” Réponse : ” ah bah non” ! “Et merde !”
On se regarde, entre rire et envie de chialer, le label BMR frappe encore. On se dit : “bah on y a va en chaussure VTT ?”, l’équipe 25, nous entend dire, ils en reviennent, et nous certifie que c’est infaisable en chaussure VTT.
Dans la foulée ils nous demandent nos pointures et ça match avec Raph et moi, ouf !
On prépare notre sieste, notre plan est en tête : pas de spéléo car de toute manière nous n’avons pas le matos… MAIS au moment de s’endormir voilà qui voilà, l’équipe 42, les copains du Ligéraid ! On échange quelques minutes (désolé pour le temps perdu) et ils nous persuadent d’aller faire la spéléo ! Moi, pas fan, et en plus faut passer sur l’IGN, je n’y tiens pas trop, mais toute l’équipe en a envie ! Alors on récupère tout le matos de cordes des Ligé et hop après la sieste on est partis avec la moitié du matos emprunter à des équipes ! A ce moment, nous sommes sur le cul par tant de solidarité et en même temps par le nombre de boulettes que nous sommes capables d’accumuler … heureusement on en rigole et on récompensera l’équipe 25 par la suite en génépi car sans eux pas de trek !

Section 11 : TREK’O

On part sur le trek avec une belle carte IOF. Je fais des choix prudents, on est de nuit, mais on avance bien, Baptiste m’accompagne sur la CO jusqu’à la via souterrata. Une première pour nous mais c’était super ! Merci les Ligé pour le forcing !
Comme chaque fin de nuit, je peine un peu, j’ai sommeil, mais pas les gars, alors difficile de les convaincre de s’arrêter 10min pour que je dorme avec le froid et l’humidité ambiante. Alors je lutte, je titube, jusqu’à l’AT ou je dors 8min, pendant que les gars mangent et dorment aussi. On part sur la dernière section après l’arrêt chocolatine qui fait du bien !

Section 12 : VTT

On sent de l’excitation sur le départ de cette dernière section, c’est le petit matin, on crie, on chante, c’est sympa ce moment, avant les premières petites montées qui nous permettent d’atteindre une descente magnifique mais très technique ! Matth’, à l’aise part devant, on se rejoint en bas sans casse, et on reprend la route jusqu’au moment où Baptiste nous dis attendez les gars c’est là ! Quoi là ?! Ok faut pousser ! Allez, le vélo sur le dos et ce qu’on croyait être une dernière section plaisir se transforme en derniers efforts. Trois heures à porter le vélo entre coupe de bois et montée interminable, je commence à râler sur le Bapt’. On est seul fait chaud, je craque !
Pour me terminer une descente sur une crête magnifique mais tellement engagée qu’il est impossible dans mon état de montée sur le vélo. Quand on essaye, cela se traduit par une chute, d’ailleurs, elles s’accumulent. J’aurai le dernier mot sur ce sujet, avec une belle chute dans le ravin côté droit, heureusement retenu par des branches je ne descends pas trop bas, mais les gars derrière se sont bien marrés ! (E***** !)

Allez c’est terminé, on boucle la boucle par la rue où j’ai fait de la merde sur le prologue et voilà, on aperçoit les copains, les organisateurs, les applaudissements retentissent, c’est fait !

Quelle fierté à 24 ans, d’accomplir une telle aventure avec les potes du team ! Et que dire, de cette rencontre avec Matth’ , un mec au top, bienveillant et à l’écoute, assez fou pour se lancer dans une aventure comme celle-ci avec trois gamins désorganisés, vivant aux 4 coins du monde. Mais il n’a jamais douté, merci ! C’est aussi ça le raid !

Alors je remercie toutes les personnes qui m’ont permis de faire ce raid, ma famille qui m’a fait aimer ce sport et qui me permet aujourd’hui de le pratiquer.
Pauline et sa famille qui ont été d’un soutien énorme pendant toute ma préparation !
A Raph’ qui m’a fait peur pendant la prépa, mais qui a été simplement énorme pendant ce raid, sur le plan physique et humain !
A Bapt’ que je retrouvais après 2 ans sans se voir et à sa famille pour l’accueil incroyable et le suivi live,
A Matth’ qui m’a tracté quand il la fallu, qui nous a supporté et qui m’a permis de faire une prépa convenable,
A JeanNo pour ces anecdotes précieuses et les entraînements maisons,
À l’organisation sud raid qui nous a proposé une épreuve incroyable, une paire de c****** énormes, bravo messieurs !
Et bien-sûr une pensée à mes parents qui me donne la force de faire tout ça, j’espère que vous regardez ça du coin de l’œil, la bise ☺️

Max.